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Débats

Témoignage de Grégoire Profit, ISB Water

Afin d'aider les entreprises éco-actives dans leur croissance et leur offrir plus de visibilité à l'international, la Région Ile-de-France a lancé un « plan filière ». Il s'adresse aux PME / PMI dans le domaine de la gestion des déchets, du traitement de l'eau, de l'efficacité énergétique, des énergies renouvelables ou encore des nouvelles technologies vertes (green high technologies).


4 questions à Grégoire Profit, gérant et directeur technique R&D d’ISB Water


Pourriez-vous nous dresser un bref portrait de votre entreprise ? En quoi votre activité répond-elle à un enjeu de société ?

Depuis 2004, nous développons des technologies innovantes dans le traitement de l’eau. Nous intervenons plus particulièrement sur les phénomènes de calcaire et de corrosion. L’objectif de ces technologies est de s’affranchir des produits chimiques pour préserver la biodiversité tout en limitant la maintenance et les coûts d’exploitation. Notre solution permet d’économiser 15 à 25% d’eau sur des process industriels. C’est aujourd’hui un enjeu fort pour notre société. Le Grenelle de l’environnement I et II nous oblige à une mutation rapide des pratiques et des procédés qui ont cours en matière de rejet d’eau en milieu naturel.

S’agissant du développement de votre entreprise, quelles difficultés rencontrez-vous ?

Nous comptons actuellement huit salariés et nous sommes dans une phase de consolidation. Il s’agit d’ingénierie complexe qui nécessite de lourds investissements en matière de recherche et développement. Près de 25% de notre chiffre d’affaires y est consacré. Pour répondre aux exigences environnementales régionales et bâtir des protocoles d’expérimentation, il convient de rencontrer différents acteurs publics comme privés et cela prend du temps, ce qui n’est pas évident pour une PME. De plus, nous sommes dans un secteur majoritairement dominé par de grandes industries physico-chimiques qui développent des solutions différentes. Il nous faut donc non seulement rencontrer des partenaires pour mener à bien nos recherches mais aussi sensibiliser les entreprises et les collectivités à notre technologie.

Votre entreprise est-elle présente à l’international ?

Oui et nous existons grâce à l’export. Nous sommes présents à Cuba et développons des partenariats avec les pays de l’Union pour la méditerranée. Le potentiel de la technologie ISB Water est très important surtout dans les pays qui développent des infrastructures de traitement de l’eau. Mais encore une fois, prospecter de nouveaux marchés demande du temps et nous sommes une petite équipe.

Quelles seraient pour vous les opportunités du plan filière éco-activités au niveau régional ?

L’idée d’une filière éco-activités au sens large est très pertinente. Le traitement de l’eau par exemple regroupe des activités et des entreprises très différentes mais qui ont des intérêts et des problématiques en commun. Une synergie entre tous les acteurs est nécessaire pour faire de l’Ile-de-France et donc de la France un leader mondial dans le domaine des éco-activités liées à l’eau. Les pôles de compétitivité en sont une première étape. Créer un réseau d’entreprises éco-actives est important. Pour être très concret, nous participons régulièrement à des salons à l’étranger mais il n’existe pas suffisamment d’offre mutualisée : agir ensemble aux côtés d’autres entreprises ou au sein d’un réseau, nous donnerait plus de légitimité et de lisibilité sur le marché.

Marie-Charlotte Dichamp

 

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