L’Etat va investir 1,3 milliard d’euros en faveur de la formation et de l’emploi des jeunes d’ici à juin 2010. Un plan d’urgence salué par la Chambre de commerce et d’industrie de Paris qui souhaite aller plus loin en matière d’orientation et d’insertion. Explications avec Elisabeth Hervier, vice-présidente de la CCIP délégation de Paris.
Que pensez-vous du plan d’urgence pour l’emploi des jeunes et en particulier des mesures incitant les entreprises à embaucher des apprentis ?
Ces mesures sont très favorables et sont un accélérateur pour l’emploi des jeunes, mais les entreprises ne sont pas suffisamment informées... Avec ce plan, les entreprises ne paient aucune charge si elles recrutent un apprenti d’ici à juin 2010 et les entreprises de moins de 50 salariés perçoivent une aide de 1 800 euros si elles embauchent un premier apprenti ou un apprenti supplémentaire. Ce sont des mesures très positives.
Quelle est l’action de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris en faveur de l’apprentissage ?
Nous avons dix écoles qui proposent parmi leur offre, des formations en apprentissage, avec chaque année près de 4 300 apprentis sur 14 500 jeunes accueillis. Ils sont formés et spécialisés dans leur futur métier, ce qui est très bénéfique pour les PME et TPE. Autre avantage, l’apprenti découvre l’entreprise dès le début de sa formation. Il sait ainsi ce que veut dire se lever pour aller travailler et comprend mieux le fonctionnement de l’entreprise.
Quelles sont les propositions de la CCIP en faveur de l’orientation ?
La CCIP veut donner une information de qualité sur les filières de formation, les débouchés et les métiers, en multipliant les rencontres entre les jeunes et les entrepreneurs, en accueillant les conseillers d’orientation et les enseignants en entreprise, en rapprochant les services d’orientation des bassins d’emplois... La CCIP recommande aussi, pour aider les élèves à mieux préparer leurs choix, de réserver une quinzaine d'heures par an à l'orientation dans l'emploi du temps des collégiens et des lycéens et de réaliser, avec l'équipe éducative, des entretiens et des bilans d'orientation. Il faut également sensibiliser les professeurs principaux à la pédagogie de l’apprentissage et promouvoir davantage l'enseignement professionnel, en réservant par exemple une journée du calendrier scolaire à la visite de centres de formation d'apprentis et de lycées professionnels. La CCIP par le biais de son bureau d’orientation et d’information, le BIOP, propose également chaque année « Une Nuit de l’orientation »* avec notamment des speed-dating Métiers qui sont très appréciés par les jeunes.
Et que fait la Chambre de commerce et d’industrie de Paris pour l’insertion des jeunes ?
Des milliers de jeunes sortent sans qualification du système scolaire, ce qui aggrave la fracture sociale dans les zones urbaines. La CCIP renforce les écoles de la deuxième chance destinées à des jeunes qui ont un niveau scolaire ou une expérience professionnelle trop faible pour trouver un emploi stable. Dans nos trois écoles, à Rosny-sous-Bois, à Plaine Commune et à La Courneuve, le taux de retour vers l’emploi ou vers une formation qualifiante est de 68%.
*Nuit de l’orientation 2010 : samedi 23 janvier de 15 à 23 heures à la Bourse de Commerce, 2 rue de Viarmes, 75001 Paris
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ici14/01/2010